Accès linguistique aux soins en français dans le Nord de l’Ontario
Équipe de recherche
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CPL. Bjerre (U Ottawa)
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CCC. Belanger (U Ottawa), P. Timony (U Laurentienne), A. Gauthier (U Laurentienne), A. Desilets (Société Santé en français), A. Bélizaire (Santé Ontario Est), G. Laferrière (ministère de la Santé), J. Fitzsimon (U Ottawa), C. Peixoto (U Ottawa), L. Godfrey (Institut du Savoir Montfort)
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Part.Institut du savoir Montfort, Département de médecine familiale de l’Université d’Ottawa
Organisme subventionnaire
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IRSC (100 000 $)Période : 2023-2025
Résumé
Contexte- Recevoir des soins dans sa langue améliore les résultats de santé et la satisfaction des patients. En Ontario, les francophones font face à des barrières d’accès aux soins en français, souvent évaluées à l’échelle régionale sans tenir compte des déplacements réels. Cette étude examine les inégalités d’accès géographique aux soins linguistiquement concordants à l’échelle des subdivisions de recensement, en comparant les francophones à la population générale.
Méthode- À l’aide de données publiques (Statistique Canada, Collège des médecins et chirurgiens de l’Ontario), nous estimons les temps de déplacement en voiture entre 13 911 petites zones géographiques et 5 721 emplacements de médecins de famille.
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Analyse 1 : Combinaison des temps de trajet, de la langue des médecins et de la taille de la population locale pour calculer, par zone, le temps moyen nécessaire pour consulter les cinq médecins les plus proches parlant anglais ou français. Comparaison ensuite entre francophones et population générale.
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Analyse 2 : Utilisation de la méthode des aires de desserte flottantes à deux étapes variables pour tenir compte à la fois de la distance et du nombre de patients en concurrence, afin de générer des indices d’accessibilité pour les deux groupes.
Résultats- Parmi les 548 subdivisions de recensement analysées, les francophones doivent en moyenne parcourir trois fois plus de distance que les anglophones pour accéder aux cinq médecins francophones les plus proches (médiane : 1,79 fois ; IQR : 1,28–2,66), soit 29,5 minutes de plus en moyenne (médiane : 12,7 minutes ; IQR : 3,7–31,7). Des disparités régionales importantes ont aussi été observées.
Conclusion- Les francophones en Ontario ont un accès significativement réduit aux soins dans leur langue. Cette méthode met en lumière des inégalités persistantes et peut être adaptée à d’autres groupes linguistiques ou contextes de soins.

